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Dirham en baisse : l’euro à 11,18 DH, entre pression des importations et contexte international

L'euro a dépassé 11 dirhams et le dollar approche 10 DH. Importations, recul des phosphates et resserrement monétaire expliquent le mouvement, sans crise de change.

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Photo d’illustration : PublicDomainPictures / Pixabay

Le dirham perd du terrain face aux deux devises de son panier depuis la fin de l’été. Selon les cours de référence de Bank Al-Maghrib (BAM), l’euro s’échangeait à 11,1799 dirhams et le dollar à 9,9779 dirhams le 5 octobre. Le seuil symbolique des 11 dirhams pour l’euro a été franchi le 2 octobre.

Une baisse ample et durable

L’ampleur du mouvement varie selon la date de départ retenue. TelQuel calcule, depuis le 31 août, une hausse de 3,9 % de l’euro et de 6,9 % du dollar face au dirham. Le360 évoque, depuis début août, une dépréciation d’environ 4 % face à l’euro et de 6,7 % face au dollar.

Sur la semaine du 24 au 30 septembre, le dirham a reculé pour la cinquième semaine consécutive face à l’euro, de 0,5 % face à la monnaie européenne et de 0,9 % face au dollar, d’après les indicateurs hebdomadaires de BAM. Pour les particuliers, l’effet est concret : 1 000 euros sont passés de 10 776 à 10 998 dirhams en cinq semaines, selon Bladi.net.

Comment fonctionne le régime de change

Le dirham ne flotte pas librement. Selon BAM, sa parité évolue dans une bande de ±5 % autour d’un cours central, fixé à partir d’un panier de 60 % d’euro et 40 % de dollar. Une partie du mouvement tient donc à la parité euro-dollar. Les calculs de Hespress à partir des cours de référence indiquent que l’euro est passé d’environ 1,141 dollar le 23 septembre à près de 1,125 dollar le 2 octobre. Le dollar se renforce donc aussi face à l’euro.

Importations en hausse, phosphates en recul

Un second facteur est interne. Médias24 explique que la forte hausse des importations accroît la demande en euros et en dollars, tandis que les entrées de devises (tourisme, transferts des MRE, investissements étrangers) atténuent la pression sans l’annuler.

Les données de l’Office des changes le confirment. À fin août, le déficit commercial a atteint 282,6 milliards de dirhams, en hausse de 25,4 % sur un an. Les importations de biens ont augmenté de 15,8 % à 617,5 milliards, contre 8,7 % pour les exportations, à 334,9 milliards. Côté exportations, les phosphates et dérivés ont reculé de 6 %. Le Matin relie ce repli à la hausse du coût du soufre et à la contraction de la demande mondiale d’engrais phosphatés. L’Office relève aussi un excédent de la balance des services en hausse de 13,4 % à 118,3 milliards de dirhams, qui compense en partie.

Sur le plan international, la Fed et la BCE ont relevé leurs taux, alors que BAM a choisi le statu quo. Le 22 septembre, son Conseil a maintenu le taux directeur à 2,25 % et anticipe un déficit du compte courant de 4,6 % du PIB en raison de la facture énergétique.

Les enjeux pour les Marocains

  • Prix à l’import : énergie, blé et biens d’équipement sont facturés en devises. Une monnaie plus faible les renchérit, même si BAM table sur une inflation de 0,7 % en 2026, puis de 1,5 % en 2027.
  • Entreprises : les importateurs et les débiteurs en devises voient leurs coûts augmenter. Les exportateurs peuvent y gagner en compétitivité.
  • MRE : les transferts depuis la zone euro donnent davantage de dirhams une fois convertis.
  • Dette extérieure : Le360 évoque un effet possible sur son coût si la situation se prolonge.

Pas de crise de change, selon les économistes cités

Médias24 estime que cette dynamique ne signale pas une crise, mais un ajustement à l’intérieur de la bande de fluctuation. Interrogé par Le360, l’économiste Abdelghani Youmni souligne que les réserves de change avoisinent 500 milliards de dirhams à fin août, un niveau « très confortable ». À fin juillet, elles couvraient 5 mois et 27 jours d’importations de biens et services, selon BAM.

Ce qu’il faut surveiller

  • Les cours de référence quotidiens et les indicateurs hebdomadaires de BAM, pour voir si la tendance se poursuit.
  • La parité euro-dollar et les décisions de la BCE et de la Fed.
  • Les prochaines statistiques de l’Office des changes sur le déficit commercial et les exportations de phosphates.
  • La prochaine réunion du Conseil de BAM : si la dépréciation alimente l’inflation, la banque devra arbitrer entre plusieurs objectifs.

Ces éléments diront si le recul du dirham reste un ajustement temporaire ou devient plus durable.

Photo d’illustration : PublicDomainPictures / Pixabay

Sources

Cet article a été rédigé à partir des sources citées.

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